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02 junio

Comédie du Livre Montpellier:conférence: naitre, vivre, mourir, Axel Kahn et Gilles Antonowicz.

débat entre deux écrivains, avec un journaliste

derniers livres parus:

L'Homme, le Bien, le Mal. Une morale sans transcendance

, par Axel Kahn et Christian

Godin,

Moi Hervé Pierrat ayant mis six jours à mourir

par Gilles Antonowicz

« Naître, vivre et mourir »

Le problème est très difficile, chacun est avec soi-même, il faut savoir écouter l'autre,

essayer de comprendre. On parle de naître, vivre et mourir dans la dignité.

AK

Qu'est-ce que la dignité?

Mot très complexe:

Pour certains, il fait référence à Dieu, la dignité nous vient de Dieu, elle est donc attachée à

l'humain. Les stoïciens veulent choisir leur vie. Le nazisme a promu l'eugénisme.

Pour les autres, l'homme peut se poser lui-même la question de sa dignité et de ses

droits.

La dignité dépasse les droits, elle est liée à la façon dont les êtres sont regardés.

En 1789, la déclaration des droits de l'homme disait: « tous les hommes naissent libres et

égaux en droits », il faudrait ajouter:

« tous les

êtres naissent et demeurent égaux en dignité et en droit », quel que soit le sens

que l'on donne au mot dignité.

Pour les naissances, en 1975, la loi Veil

est voté sur un constat, pour l'assistance des

femmes en danger: les femmes interrompent leur grossesse de toutes façons, quels que

soient les moyens employés, au risque de leur vie ou d'une stérilité future. alors il faut les

entourer médicalement pour leur permettre de vivre et d'avoir plus tard les enfants qu'elles

souhaiterons.

Dans le cas des interruptions de grossesse suite à la prévision d'un enfant handicapé

,

la loi prévoit d'avertir la femme du risque, et ensuite qu'elle puisse choisir en connaissance

de cause, soit d'avorter, soit de garder l'enfant, la société lui assurant l'aide au handicap. Il

ne faut pas dire à la femme ce qu'elle doit faire. Il faut lui laisser sa liberté.

Le principe de précaution prévaut, mais

par peur des procès, les médecins poussent les

femmes à avorter avec un risque de 1% d'avoir un enfant handicapé. C'est excessif. C'est

une dérive des normes sociales.

Dans l'affaire « Perruche », les médecins ont été attaqué pour faute professionnelle: rubéole

non détectée pendant la grossesse, provoquant un enfant handicapé. La mère a été

indemnisée. Puis elle a demandé une indemnisation pour l'enfant, obtenue... cela fait

jurisprudence.

Des mythes: 0 risque 0 défaut - la science est toute puissante - ... d'où beaucoup

d'échecs.

Divulgation du génome:

Le génôme est une carte d'identité génétique, elle donne des indications biologiques,

mesurant le risque de certaines maladies, mais elle ne dit rien sur l'être, ses goûts, ...

le danger est que ces renseignements soient utilisés par les assurances, banques,

employeurs...

Grand risque social d'avoir des droits différents selon son génôme, c'est une question

politique.

Pour les assurances privées, il est certain que le risque génétique va être utilisé.

Il faut une action politique volontaire pour une solidarité européenne nécessaire.

GA

Pour les fins de vie

, des affaires marquantes :

Vincent Humbert à la suite de cette affaire, la loi a été modifiée: loi Leonetti.

Hervé Pierra 2006

Chantal Sébire 2008.

La loi est insuffisante, bien qu'elle ait très nettement progressé.

Il n'y avait rien en 1999,

en 2002, loi Kouchner,

en 2005, loi Leonetti.

Définit l'obstination déraisonnable:

traitements inutiles, disproportionnés, qui maintiennent une vie artificielle

alimentation et hydratation artificielle sont des traitements

oblige à se poser des questions sur le sens des traitements

Définit la fin de vie:

phase avancée ou terminale d'une affection quelle qu'en soit la cause, maladie, accident

Le patient conscient

a le droit de refuser tous les traitements, y compris alimentation et

hydratation artificielle. On doit lui éviter toute souffrance.

Pour le patient qui n'est plus en état de s'exprimer, le médecin doit s'interroger et

provoquer une procédure collégiale

(il est seul habilité à le faire)

3 positions:

1- on se contente d'appliquer la loi. Dans les cas difficiles, on laisse les médecins décider,

ensuite une enquête bien menée pourra mener à un non-lieu.

2- Gaëtan Gorce propose un contrôle en amont: un observatoire des fins de vie.

3- Prévoyons que la loi indique à l'avance les cas acceptables d'aide à mourir, suivie d'un

contrôle.

AK

oui, c'est l'ultime liberté des stoïciens. Mais il faut se méfier comme de la peste du suicide,

même voulu, c'est une décision irréversible. Je connais bien, mon père s'est suicidé.

Plusieurs personnes, après réanimation, ont repris goût à la vie. Je suis hostile à la seringue.

(donc au suicide assisté)

Mais la loi Leonetti suffit pour soulager les souffrances de la fin de vie:

l'exigence de soulager les souffrances est primordiale sur la prolongation de la

vie.

le sens de la réanimation est de redonner une vie autonome et relationnelle.

Sinon, on pratique l'obstination déraisonnable.

Pour des cas particuliers, nous verrons la jurisprudence. Il ne faut pas faire de

l'acharnement juridique.

GA

Dans le cas d'Hervé Pierra, le retrait de la sonde gastrique a été vécu comme une euthanasie

par les médecins. Ils avaient peur de la juridiction.

AK

On est dans le cas d'une

mauvaise application de la loi Leonetti. L'agonie qui a suivi le

retrait de la sonde gastrique a duré de façon insupportable pour les soignants comme pour

les familles.

On doit abréger l'agonie autant que faire se peut et l'adoucir avec les sédatifs.

La mort normale est de s'endormir et mourir rapidement;

Il faut éviter toute douleur et condamner les mauvaises pratiques.

Les parents Pierra devraient faire un procès.

Conférence de René Spadone à l'UTL de Sète: mort en littérature

Nous étions autorisés à parler de l'admd, et je suis venue pour une discussion éventuelle, avec mes

« prospectus ».

Conférence passionnante, citant des textes et des poésies

de:

15° siècle Villon: « la ballade des pendus »

16° Montaigne

Ronsard: comme la rose...

17° Bossuet: sermon

Racine: « Phèdre »

la Fontaine: « le bûcheron »

19° Stendhal: « le rouge et le noir »

Baudelaire: les fleurs du mal, « la mort des amants »

Rimbaud: « le dormeur du val », « le voyage », « nous aurons des lits... »

Victor Hugo: « clair de lune »

«les Misérables »: la mort de Jean Valjean, celle de Gavroche

20° Camus: « l'étranger »

Ionesco: « le roi se meurt »

Paul Valéry: le cimetière marin

Bernanos: « le curé de campagne »

Brassens: « supplique pour être enterré sur la plage de sète »,

« la ballade du temps jadis »

Benoîte Groult: « la touche étoile »

Il ressort de ces textes que la mort n'est pas aussi tabou qu'on le dit

: elle se parle, elle se

chante...La mort est transcendée par le verbe.

Les différentes typologies de la mort ainsi évoquée:

1- la mort donnée, imposée: Stendhal, Camus

2- la mort choisie: Racine, Benoîte Groult, Victor Hugo

3- la mort héroïque

4- la mort paisible

5- la mort heureuse

Discussion ouverte ensuite:

Une dame parle du cas de Chantal Sébire, en s'indignant du fait qu'elle n'ait pas pu être aidée à

mourir, obligée de mourir seule. Elle a vécu elle-même une mort proche dans des souffrances

interminables, qu'elle trouve scandaleuses. Elle souhaite une nouvelle loi, dans le sens de la loi

belge, redonnant à chacun sa liberté de choix en fin de vie. Elle veut choisir sa mort.

Une autre dame parle d'un proche en Alzeihmer, qu'elle estime de son devoir de soigner le plus

chaleureusement possible. Elle se scandalise à l'idée qu'on pourrait faire mourir cette dame. Je lui

réponds d'abord par la question: qu'est-ce que cette dame souhaitait? Elle me répond: très

catholique, elle souhaitait vivre le plus longtemps, à la grâce de Dieu. Je lui explique qu'une

nouvelle loi dans notre sens permettrait bien sûr à cette dame de respecter son voeu, et de

l'accompagner le plus longtemps possible. Aucun problème du moment que l'on respecte le choix de

chacun. Elle entend le message.

Trois médecins retraités dans la salle:

L'un, violemment, dit que le médecin doit seul décider du choix de la fin de vie. Pour lui, il trouve

que le fusil lui ira très bien. Beaucoup de femmes dans l'assistance disent: mais nous n'avons pas

de fusil et nous ne saurions pas nous en servir. De plus, c'est une mort horrible. Il s'en va en

claquant la porte.

L'autre,

très favorable aux soins palliatifs, sans plus, trouve la discussion très intéressante, il se

pose des questions

: comment peut-on se condamner soi-même à la mort, alors que tant de

condamnés souhaiteraient vivre? Réponse: tout est affaire de chacun, celui qui souhaite une mort

aidé étant de toutes façons au bout de sa vie dans son ressenti, en souffrances, ou très épuisé. Sinon,

d'ailleurs, aucune loi, ni celle que l'on demande, ne lui donnerait satisfaction.

Le troisième dit

qu'il a toujours pratiqué une médecine très proche de ses malades, et qu'il n'a pas

hésité à aider à mourir ceux qui lui ont demandé, qu'il connaissait depuis longtemps, et qu'ils

ont jugé ensemble, en leur âme et conscience, de la nécessité ou non de cette aide à apporter.

Il

est favorable à une nouvelle loi, dans notre sens.

Tous les participants ont été contents du débat, dans le respect de toutes les opinions