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August 19

suicide de rémy et suites

 je reprends ce document de l'AFP que tous ont pu lire sur internet pour vous indiquer mon commentaire le 11ème):
"Suicide/Handicapé: résultats de l'autopsie, Source : AFP 18/08/2008 | Mise à jour : 18:13 | Commentaires 10
  • .L'autopsie de Rémy Salvat, qui s'est suicidé après une réponse perçue comme négative de Nicolas Sarkozy à un courrier dans lequel il demandait qu'on lui "permette de mourir", a conclu que sa mort résultait d'une surdose médicamenteuse, a-t-on appris aujourd'hui de source judiciaire.

  • "L'autopsie pratiquée jeudi sur le corps de Rémy Salvat conclut à une asphyxie suite à une inhalation de vomissements liés à une surdose médicamenteuse", a déclaré à l'AFP le procureur adjoint de Pontoise, Bernard Farret. "L'autopsie confirme les constatations faites par le médecin le jour de la mort de Rémy Salvat et les dires de la famille", a ajouté Bernard Farret.

  • Selon ses parents, entendus vendredi en tant que témoins par les enquêteurs de la brigade de recherche de Cergy (Val-d'Oise), Rémy Salvat, 23 ans, s'est suicidé, le 10 août à Valmondois (Val-d'Oise), en absorbant une forte dose de médicaments.

  • Le parquet a prononcé une interdiction provisoire d'incinération du corps de Rémy, qui souhaitait que ses cendres soient dispersées au Japon, en attendant le résultat d'une série d'examens toxicologiques toujours en cours, a précisé M. Farret.

  • "On interdit à la famille d'incinérer le corps de Rémy ce qui était pourtant sa dernière volonté. C'est horrible, ses parents sont désemparés. Je suis en train de me battre pour faire respecter l'ultime volonté de ce gamin", a réagi Me Caty Richard, avocate des parents.

  • Le parquet de Pontoise a indiqué que l'interdiction pourrait être levée "d'ici quelques semaines" une fois connus les résultats des examens toxicologiques. "En attendant ces résultats on se réserve la possibilité de prélever de nouveaux matériaux sur le corps", a précisé M. Farret pour justifier l'interdiction prononcée. Le corps sera restitué à la famille mardi, a-t-on appris auprès de l'avocate de la famille.

  • Près de 200 personnes avaient assisté jeudi à une cérémonie religieuse en l'église de Valmondois où le corps de Rémy était symbolisé par un cierge. Rémy était atteint d'une maladie mitochondriale (pathologie dégénérative rare) lourdement handicapante, depuis l'âge de six ans."

MON COMMENTAIRE 19/08/2008 10H

Il me semble que cette autopsie était bien inutile, et morbide: a-t-on besoin de çà? Quel est le but?

Après sa demande, quoi d'autre était possible qu'un suicide, approuvé ou non par le Président Sarkosy? sauf une mort naturelle? Veut-on accuser les parents? Les médecins? De non-assistance à personne en danger? Veut-on que ce jeune homme soit seulement victime d'une dépression passagère et guérissable? (je pense que, si c'était le cas, cela aurait été fait, vu son état de santé, il étati bien entouré par les médecins). Le suicide est-il un crime? Contre qui???? les religions??? le Pouvoir médical et pharmaceutique qui voudrait faire croire que la Science peut éradiquer la mort et les maladies??? absurde!

Notre Président perd le sens de l'Humanité, le sens des réalités, comme trop de Français, on parle des Droits de l'Homme en Chine et au Tibet, mais le plus élémentaire des droits: celui de mourir dans sa dignité, celui d'être maître de son corps, n'est pas respecté en France, comme d'autres d'ailleurs.

Quand est-ce que les Français comprendront que l'on peut choisir de mourir, qu'on peut demander une assistance pour avoir droit à une mort accompagnée (le seul « droit » au suicide est de le faire en cachette, isolé) dès lors que la vie, telle que les médecins se sont acharnés à la prolonger, n'a plus d'intérêt pour le malade, l'handicapé ou le vieillard, que les souffrances sont telles que seule la mort peut les ôter?

Et que l'accompagnement concerne aussi la famille? Après qu'elle ait subi la terrible maladie, la souffrance du fils, très jeune, le refus d'écoute de tous, on lui inflige une deuxième souffrance: soupçons qui laissent entrevoir des accusations, vérification du choix du médicament, et alors???, quelle importance??? on ne l'accompagne pas dans son deuil, on la martyrise comme si elle était coupable... honte à ceux-là!

Il semblerait que maintenant les malades soient coupables d'être malades, les vieux coupables d'être vieux, mais aucune solution pour les aider, à vivre et à mourir le mieux possible, selon leurs choix personnels, aucune compassion, aucune solidarité... société où tout le monde doit être performant, riche, et beau et jeune??? société du veau d'or???

La demande de quelques-uns, qui pourrait être écoutée, entendue, et parfois réalisée, n'influencerait en rien les autres, ceux qui se complaisent dans l'obéissance aveugle à la Médecine technologique, et dans les souffrances des autres. A chacun son choix. Mais laissez la liberté à chacun! Liberté de vivre selon son choix, donc de terminer sa vie aussi selon son choix, liberté de refuser trop de souffrances impossibles à supprimer, la loi devant bien entendu encadrer et contrôler les réalisations des voeux, comme dans les autres pays où la loi le permet déjà.

Un livre ( traduit par l'admd belge) vient de paraître de récits d'euthanasies à l'hôpital d'Anvers, autorisées par la loi hollandaise, où enfin la sérénité devant la mort est trouvée, pour la personne et pour son entourage, fin de vie accompagnée, il faudrait en prendre exemple!

July 29

retour de bruxelles

je suis de retour de Bruxelles, j'ai découvert la Belgique, Bruxelles et Ostende.
découvertes de nombreux musées avec mon petit fils de 11 ans, ravi
 
contact avec Jacqueline Herremans, présidente de l'admd belge, et discussions très enrichissantes...
 
je repars vers le pays basque que je vais découvrir cette fois avec mes autres petits fils 11 et 7 ans et demi...
 
contact si possible avec l'admd des pyrénées atlantiques, au passage...
 
je serai plus disponible après le 15 août
mais je suis mes messages en vacances, bien que sans internet sur place.
 
à bientôt
 
 
July 20

interview de JL Romero président admd

à lire:

Euthanasie : Jean Luc Romero, président de l’ADMD fait le point

sur agora vox, lu aujourd'hui (alertes google)

Dans cette partie de l’interview de Jean-Luc Roméro, nous revenons sur son engagement sur ce sujet délicat, au coeur de nombreuses polémiques. La question de l’euthanasie en France s’est développée en parallèle avec les progrès de la médecine. L’ADMD est au coeur de ce débat.


Quelle est l’évolution de l’ADMD depuis sa création en 1979 ? Ses buts et ses moyens d’actions ont-ils changé ?

Son créateur, Michel Lee Landa, publie en 1979 une tribune dans Le Monde intitulée « Un droit ». Devant les nombreuses réactions que suscite l’article, l’association est créée en 1980. dans ses buts initiaux, trois ont été atteints :

  • la lutte contre la douleur
  • le droit des malades
  • le droit de refuser un traitement.


La légalisation de l’euthanasie est encore à obtenir. L’ADMD a longtemps été stigmatisée et a développé un fonctionnement très renfermé sur elle même. Par exemple, le journal de l’association est toujours sous film plastique opaque afin que les membres restent dans l’anonymat. Cependant, depuis un peu plus d’un an, nous ouvrons les portes de l’association, partant du constat que l’ADMD agit dans le cadre légal et qu’en conséquence, nous n’avons pas à nous cacher.

Quelles sont les actions au quotidien de l’association ?

L’ADMD n’est pas une association de service, je rappelle que l’euthanasie est encore illégale en France. Nous faisons un travail de communication auprès des décideurs politiques – du lobbying pour être clair - , des personnels de soin, des médecins. Nous nous efforçons de faire appliquer les lois qui sont déjà en vigueur, comme la loi Leonetti et qui sont encore mal connues et souvent inappliquées dans le milieu médical.

Par exemple, nous distribuons un document de présentation de la loi et nos 105 comités répartis partout en France agissent en cas de refus des équipes soignantes d’appliquer la loi, pour soutenir ceux qui le demandent.

L’ADMD a été agréée par le précédent ministre de la santé Xavier Bertrand et siège donc dans diverses commissions dans les commissions. Sa position et son travail est donc reconnu tant au niveau local qu’au plan national.

En revanche, l’image de l’ADMD est plus contrastée dans le milieu médical. Si son message et ses actions sont reconnues sur le terrain, l’élite parisienne des mandarins reste farouchement contre. Cette attitude est un problème typiquement français : dans notre pays, la fin de vie est exclusivement un problème médical alors que la fin de vie est d’abord une question personnelle.

Durant les dernières années, seuls trois cas de personnes revendiquant une fin de vie dans la dignité ont été médiatisés. Pourquoi et quels sont les chiffres des personnes concernées ?

Quand on arrive en fin de vie, la souffrance provoque souvent un repli sur soi, les gens restent chez eux, sont souvent dans l’incapacité de surmonter cette période difficile. Il a fallu un extraordinaire courage physique et psychologique à Vincent Humbert, Maia Simon et Chantal Sébire pour se battre à ce moment de leur vie.
Pour parler chiffre, vous devez savoir qu’il n’existe aucun observatoire de la fin de vie en France, pas de chiffres officiels. Nous sommes donc amenés à baser nos études sur les chiffres en provenance de Belgique ou des pays Bas. Là bas, enter 0,5% (chiffres belges) et 2% (chiffres néerlandais) des décès sont la conséquence d’un acte d’euthanasie.

On compte en France entre 500 000 et 550 000 décès par an. Ramené à ces chiffres, l’euthanasie pourrait donc concerner entre 2500 et 10 000 personnes par an, si elle était légalisée. Ce qui est considérable ! Si on ajoute à cela le fait qu’en Belgique ou au Pays Bas, seule la moitié des personnes qui demandent l’euthanasie vont jusqu’au bout de leur démarche, nous sommes alors dans une fourchette de personnes concernées qui va de 5 000 à 20 000 par an.

Ces chiffres, extrapolées de situations qui existent dans des pays très proches de nous montrent bien que l’euthanasie n’est pas le grigri de quelques excités seulement mais une vraie demande.

L’euthanasie est elle une préoccupation purement européenne ?

L’ADMD fait partie d’un réseau international. La demande d’une fin de vie dans la dignité est partagée par de nombreux pays dans le monde. En gros, tout le bloc occidental – et pas seulement les pays riches, car les pays d’Amérique latine sont aussi concernés – est sensible à ce sujet. Lors du prochain rendez-vous international des associations qui militent pour la reconnaissance de l’euthanasie, qui va se tenir à Paris fin octobre, nous lancerons d’ailleurs la première journée internationale pour le droit à mourir dans la dignité. Elle aura lieu le 2 novembre, jour des morts dans nos cultures catholiques. C’est à la fois un peu du au hasard – notre rendez-vous se tient à ce moment là – et du au fait que nous n’arrivions pas à bous entendre sur une date qui parlerait à tous.

Les religions ont-elles leur mot à dire dans le débat ?


Bien sûr ! Mais si elles ont le droit le plus absolu de se prononcer sur le sujet, elles ne peuvent pas imposer leur point de vue. L’ADMD et les autorités religieuses – quelle qu’elles soient – dialoguent très peu. Mais l’ouverture de l’association à l’extérieur est en cours. J’espère que nous pourrons entamer ce dialogue.
De même, j’aimerais rappeler que les associations laïques sont elles aussi concernées et qu’elles doivent certainement prendre part au débat.

Le SIDA a-t-il changé la donne dans le débat sur la fin de vie ?

Indéniablement. Avant le SIDA, la relation entre le patient et le praticien était marqué par la toute puissance du médecin. Ses décisions n’étaient jamais discutées, contestées. Le SIDA a touché une population jeune, souvent éduquée et qui est devenue très vite mieux informée que les médecins eux même sur la maladie, les traitements et leurs effets secondaires. Leur révolte devant ce destin leur a donné une force pour revendiquer une part de décision sur ce qui leur était administré. On a vu des patients refuser des traitements aux effets secondaires très lourds car le peu de temps supplémentaire qui leur serait accordé ne valait pas la peine – selon eux – d’endurer ces effets secondaires.

On peut considérer que les lois Kouchner, ainsi que la loi Leonetti sont des conséquences de ces combats. Le rapport de force a évolué. Une personne peut discuter des traitements qui sont sont prodigués, voire en refuser certains.

La santé d’une personne est-elle sa propriété ?

Oui.

July 15

bonjour

relâche pendant l'été, nous serons de retour pour les foires associatives de septembre dans l'Hérault
 
d'autres permanences, d'autres réunions, et nous ajouterons les festivités nécessaires ave cdes repas pris en commun!
 
nous penserons à préparer la
 
 grande journée des admd internationales le 2 novembre: grande manifestation à Montpellier

bonjour

un bonjour de Bruxelles, où je vais rencontrer quelques uns des laïcs et militatns de l'admd belge
 
je visite avec mon petit fils, et il ne pleut pas!
July 05

lettre aux parlementaires

 

08-06-25 Lettre aux parlementaires Hérault

Nous avons relevé ces pétitions en faveur du changement de la loi Leonetti sur les marchés et ailleurs (très peu d'adhérents ont signé, ils ont plutôt envoyé des cartes). Soit un total de 956 signatures pour 61 pétitions

 L'admd de l'Hérault compte à ce jour 980 adhérents, nombre en constante augmentation.

 Je réécris le texte des cartes et pétitions:  

« Toute ma vie, je me suis efforcé(e) d’être libre, indépendant(e), autonome, respectant autrui.

Le jour où ma santé physique ou ma santé mentale me conduira à franchir les limites d’une vie digne telle que je la conçois pour moi-même, je souhaite pouvoir librement, en conscience et sans influence choisir les conditions de ma propre fin de vie.

C’est pourquoi je vous demande, vous qui me représentez au Parlement, d’initier ce grand débat sur la fin de vie réclamé par plus de 80% des Françaises et des Français depuis 20 ans et d’autoriser l’aide active à mourir. »


Notre action, plus les drames de l'actualité, a été suivie de quelques mouvements: la commission Leonetti réexamine sa loi, on commence à la faire connaître alors qu'elle était encore trop souvent ignorée (nous la faisons connaître activement, nul ne doit ignorer la loi), des députés écrivent des propositions de loi amendant la loi Leonetti. Nous espérons qu'enfin un débat dans lequel la liberté et les convictions de chacun sera respectée aura lieu, permettant une nouvelle loi de liberté.

Ne recherchons pas un consensus impossible à réaliser, les convictions de chacun diffèrent évidemment, nous demandons le respect de toutes les convictions et le respect de notre liberté de vie jusqu'au bout, ce qui implique le choix de sa mort, dans une certaine mesure (évidemment une aide médicalisée à la mort ne peut être qu'encadrée par la loi)

La loi doit être faite pour tous.

Respectons les volontés exprimées verbalement ou par écrit, réitérées, des patients (malades, accidentés) et des personnes âgées ou très âgées, qui estiment leur dignité bafouée, ils sont les seuls juges de leur dignité.

Protégeons les médecins de procès inutiles et dangereux...pour avoir accédé aux volontés de personnes au bout de la vie et soulagé des souffrances.

Je pense que la médecine doit être au service des patients, les soigner et les guérir lorsque c'est possible, les accompagner vers la fin de la vie, sans souffrances, par les moyens souhaités par le patient, soins palliatifs (à développer bien évidemment), assistance médicalisée à mourir par sédation (ne trichons pas: la sédation aide à mourir sans souffrances physiques, morales??? nul ne sait ce que les personnes dans le coma ressentent...), euthanasie ou simplement faire l'ordonnance pour les produits nécessaires à un suicide sans souffrances. Cette assistance doit bien sûr être encadrée et vérifiable par la loi.

A l'occasion de la rentrée de septembre, où nous serons présents sur les foires associatives, je vous re-contacterai en espérant un rendez-vous pour parler de ces  problèmes, aggravés de plus par les restrictions des remboursements de la Sécurité Sociale et des aides de l'Etat à la dépendance des personnes.

June 02

Comédie du Livre Montpellier:conférence: naitre, vivre, mourir, Axel Kahn et Gilles Antonowicz.

débat entre deux écrivains, avec un journaliste

derniers livres parus:

L'Homme, le Bien, le Mal. Une morale sans transcendance, par Axel Kahn et Christian

Godin,

Moi Hervé Pierrat ayant mis six jours à mourir par Gilles Antonowicz

« Naître, vivre et mourir »

Le problème est très difficile, chacun est avec soi-même, il faut savoir écouter l'autre,

essayer de comprendre. On parle de naître, vivre et mourir dans la dignité.

AK

Qu'est-ce que la dignité?

Mot très complexe:

Pour certains, il fait référence à Dieu, la dignité nous vient de Dieu, elle est donc attachée à

l'humain. Les stoïciens veulent choisir leur vie. Le nazisme a promu l'eugénisme.

Pour les autres, l'homme peut se poser lui-même la question de sa dignité et de ses

droits.

La dignité dépasse les droits, elle est liée à la façon dont les êtres sont regardés.

En 1789, la déclaration des droits de l'homme disait: « tous les hommes naissent libres et

égaux en droits », il faudrait ajouter:

« tous les êtres naissent et demeurent égaux en dignité et en droit », quel que soit le sens

que l'on donne au mot dignité.

Pour les naissances, en 1975, la loi Veil est voté sur un constat, pour l'assistance des

femmes en danger: les femmes interrompent leur grossesse de toutes façons, quels que

soient les moyens employés, au risque de leur vie ou d'une stérilité future. alors il faut les

entourer médicalement pour leur permettre de vivre et d'avoir plus tard les enfants qu'elles

souhaiterons.

Dans le cas des interruptions de grossesse suite à la prévision d'un enfant handicapé,

la loi prévoit d'avertir la femme du risque, et ensuite qu'elle puisse choisir en connaissance

de cause, soit d'avorter, soit de garder l'enfant, la société lui assurant l'aide au handicap. Il

ne faut pas dire à la femme ce qu'elle doit faire. Il faut lui laisser sa liberté.

Le principe de précaution prévaut, mais par peur des procès, les médecins poussent les

femmes à avorter avec un risque de 1% d'avoir un enfant handicapé. C'est excessif. C'est

une dérive des normes sociales.

Dans l'affaire « Perruche », les médecins ont été attaqué pour faute professionnelle: rubéole

non détectée pendant la grossesse, provoquant un enfant handicapé. La mère a été

indemnisée. Puis elle a demandé une indemnisation pour l'enfant, obtenue... cela fait

jurisprudence.

Des mythes: 0 risque 0 défaut - la science est toute puissante - ... d'où beaucoup

d'échecs.

Divulgation du génome:

Le génôme est une carte d'identité génétique, elle donne des indications biologiques,

mesurant le risque de certaines maladies, mais elle ne dit rien sur l'être, ses goûts, ...

le danger est que ces renseignements soient utilisés par les assurances, banques,

employeurs...

Grand risque social d'avoir des droits différents selon son génôme, c'est une question

politique.

Pour les assurances privées, il est certain que le risque génétique va être utilisé.

Il faut une action politique volontaire pour une solidarité européenne nécessaire.

GA

Pour les fins de vie, des affaires marquantes :

Vincent Humbert à la suite de cette affaire, la loi a été modifiée: loi Leonetti.

Hervé Pierra 2006

Chantal Sébire 2008.

La loi est insuffisante, bien qu'elle ait très nettement progressé. Il n'y avait rien en 1999,

en 2002, loi Kouchner, en 2005, loi Leonetti.

Définit l'obstination déraisonnable:

traitements inutiles, disproportionnés, qui maintiennent une vie artificielle

alimentation et hydratation artificielle sont des traitements

oblige à se poser des questions sur le sens des traitements

Définit la fin de vie:

phase avancée ou terminale d'une affection quelle qu'en soit la cause, maladie, accident

Le patient conscient a le droit de refuser tous les traitements, y compris alimentation et

hydratation artificielle. On doit lui éviter toute souffrance.

Pour le patient qui n'est plus en état de s'exprimer, le médecin doit s'interroger et

provoquer une procédure collégiale (il est seul habilité à le faire)

3 positions:

1- on se contente d'appliquer la loi. Dans les cas difficiles, on laisse les médecins décider,

ensuite une enquête bien menée pourra mener à un non-lieu.

2- Gaëtan Gorce propose un contrôle en amont: un observatoire des fins de vie.

3- Prévoyons que la loi indique à l'avance les cas acceptables d'aide à mourir, suivie d'un

contrôle.

AK

oui, c'est l'ultime liberté des stoïciens. Mais il faut se méfier comme de la peste du suicide,

même voulu, c'est une décision irréversible. Je connais bien, mon père s'est suicidé.

Plusieurs personnes, après réanimation, ont repris goût à la vie. Je suis hostile à la seringue.

(donc au suicide assisté)

Mais la loi Leonetti suffit pour soulager les souffrances de la fin de vie:

l'exigence de soulager les souffrances est primordiale sur la prolongation de la

vie.

le sens de la réanimation est de redonner une vie autonome et relationnelle.

Sinon, on pratique l'obstination déraisonnable.

Pour des cas particuliers, nous verrons la jurisprudence. Il ne faut pas faire de

l'acharnement juridique.

GA

Dans le cas d'Hervé Pierra, le retrait de la sonde gastrique a été vécu comme une euthanasie

par les médecins. Ils avaient peur de la juridiction.

AK

On est dans le cas d'une mauvaise application de la loi Leonetti. L'agonie qui a suivi le

retrait de la sonde gastrique a duré de façon insupportable pour les soignants comme pour

les familles.

On doit abréger l'agonie autant que faire se peut et l'adoucir avec les sédatifs.

La mort normale est de s'endormir et mourir rapidement;

Il faut éviter toute douleur et condamner les mauvaises pratiques.

Les parents Pierra devraient faire un procès.

Conférence de René Spadone à l'UTL de Sète: mort en littérature

Nous étions autorisés à parler de l'admd, et je suis venue pour une discussion éventuelle, avec mes

« prospectus ».

Conférence passionnante, citant des textes et des poésies de:

15° siècle Villon: « la ballade des pendus »

16° Montaigne

Ronsard: comme la rose...

17° Bossuet: sermon

Racine: « Phèdre »

la Fontaine: « le bûcheron »

19° Stendhal: « le rouge et le noir »

Baudelaire: les fleurs du mal, « la mort des amants »

Rimbaud: « le dormeur du val », « le voyage », « nous aurons des lits... »

Victor Hugo: « clair de lune »

«les Misérables »: la mort de Jean Valjean, celle de Gavroche

20° Camus: « l'étranger »

Ionesco: « le roi se meurt »

Paul Valéry: le cimetière marin

Bernanos: « le curé de campagne »

Brassens: « supplique pour être enterré sur la plage de sète »,

« la ballade du temps jadis »

Benoîte Groult: « la touche étoile »

Il ressort de ces textes que la mort n'est pas aussi tabou qu'on le dit: elle se parle, elle se

chante...La mort est transcendée par le verbe.

Les différentes typologies de la mort ainsi évoquée:

1- la mort donnée, imposée: Stendhal, Camus

2- la mort choisie: Racine, Benoîte Groult, Victor Hugo

3- la mort héroïque

4- la mort paisible

5- la mort heureuse

Discussion ouverte ensuite:

Une dame parle du cas de Chantal Sébire, en s'indignant du fait qu'elle n'ait pas pu être aidée à

mourir, obligée de mourir seule. Elle a vécu elle-même une mort proche dans des souffrances

interminables, qu'elle trouve scandaleuses. Elle souhaite une nouvelle loi, dans le sens de la loi

belge, redonnant à chacun sa liberté de choix en fin de vie. Elle veut choisir sa mort.

Une autre dame parle d'un proche en Alzeihmer, qu'elle estime de son devoir de soigner le plus

chaleureusement possible. Elle se scandalise à l'idée qu'on pourrait faire mourir cette dame. Je lui

réponds d'abord par la question: qu'est-ce que cette dame souhaitait? Elle me répond: très

catholique, elle souhaitait vivre le plus longtemps, à la grâce de Dieu. Je lui explique qu'une

nouvelle loi dans notre sens permettrait bien sûr à cette dame de respecter son voeu, et de

l'accompagner le plus longtemps possible. Aucun problème du moment que l'on respecte le choix de

chacun. Elle entend le message.

Trois médecins retraités dans la salle:

L'un, violemment, dit que le médecin doit seul décider du choix de la fin de vie. Pour lui, il trouve

que le fusil lui ira très bien. Beaucoup de femmes dans l'assistance disent: mais nous n'avons pas

de fusil et nous ne saurions pas nous en servir. De plus, c'est une mort horrible. Il s'en va en

claquant la porte.

L'autre, très favorable aux soins palliatifs, sans plus, trouve la discussion très intéressante, il se

pose des questions: comment peut-on se condamner soi-même à la mort, alors que tant de

condamnés souhaiteraient vivre? Réponse: tout est affaire de chacun, celui qui souhaite une mort

aidé étant de toutes façons au bout de sa vie dans son ressenti, en souffrances, ou très épuisé. Sinon,

d'ailleurs, aucune loi, ni celle que l'on demande, ne lui donnerait satisfaction.

Le troisième dit qu'il a toujours pratiqué une médecine très proche de ses malades, et qu'il n'a pas

hésité à aider à mourir ceux qui lui ont demandé, qu'il connaissait depuis longtemps, et qu'ils

ont jugé ensemble, en leur âme et conscience, de la nécessité ou non de cette aide à apporter. Il

est favorable à une nouvelle loi, dans notre sens.

Tous les participants ont été contents du débat, dans le respect de toutes les opinions

May 26

CONFERENCE DU DOCTEUR CLAUDINE LASSEN:

 

CONFERENCE DU DOCTEUR CLAUDINE LASSEN:

REFUS ET ARRÊT DES SOINS: CONSÉQUENCES POUR LE PATIENT

Utilisation de la loi Leonetti en attendant une nouvelle loi plus respectueuse des droits de l'homme et de sa liberté jusqu'au bout de sa vie.


Le Docteur Claudine Lassen est première vice-présidente de l'admd, association pour le droit de mourir dans la dignité, ancien médecin anesthésiste-réanimateur.


D'ABORD UN RAPPEL HISTORIQUE:

Le code de déontologie médicale enjoint aux médecins de soigner et d'accompagner jusqu'à la fin de la vie.

Le développement de la réanimation avec des nouveaux produits pharmacologiques et surtout la ventilation qui a permis le contrôle des fonctions vitales a commencé en 1956.

L'explosion technologique qui a suivi jusque vers 1970 a provoqué une ivresse du pouvoir médical et l'acharnement thérapeutique.

En 1967, en Angleterre, commence la lutte contre la douleur.

En 1977, Schwarzenberg et Viausson Ponté dénoncent l'acharnement thérapeutique.

En 1980 est créée en France l'association pour le droit de mourir dans la dignité, ADMD

- qui demande de recentrer la médecine sur l'usager et le respect du « testament de vie » de la personne, y compris l'aide à mourir, considérée non pas comme un acte de tuer, mais comme un choix entre deux façons de mourir, lorsqu'il faut bien admettre que la mort arrive.

- qui réclame l'arrêt de l'acharnement thérapeutique et la lutte contre la douleur par des soins palliatifs.

L'évolution de la société est telle que l'idée paternaliste de la médecine va être remplacée par l'idée d'un partenariat entre soignants et usagers.

En 1987 arrivent à la Cité Universitaire de Paris les premières idées sur les soins dits palliatifs.

En 1999, puis en 2002, la loi Kouchner oblige les médecins à donner une information claire et loyale au patient: diagnostic de sa maladie, bénéfices et risques des traitements envisagés.

Le cas de Vincent Humbert émeut la population, à sa suite, la loi Leonetti voit le jour en 2005, curieusement le jour anniversaire de la loi Veil de 1974, dans le but de protéger les médecins, qui voient les procès à leur égard augmenter. Elle induit une modification du code de la santé publique, qui réglemente le travail des professionnels de la santé.

Le Conseil de l'Ordre s'y oppose, comme il s'est opposé à la loi Veil, comme il s'oppose à tout changement.

LOI LEONETTI

La loi rappelait déjà aux soignants d'éviter les erreurs par défaut: non assistance à personne en danger, elle va maintenant leur enjoindre d'ÉVITER LES ERREURS PAR EXCÈS: interdiction de l'obstination déraisonnable. Elle s'applique à tous les actes médicaux, elle s'applique à tous les patients, en fin de vie ou non.

« Ces actes peuvent être suspendus ou non entrepris s'ils n'ont d'autre effet que le maintien artificiel de la vie. »

Le malade a le droit de refuser tout traitement, ce qui inclut l'alimentation et l'hydratation artificielles.

Si le médecin ne peut soulager la souffrance du patient en phase avancée ou terminale d'une affection grave et incurable qu'en appliquant un traitement qui peut avoir pour effet secondaire d'abréger la vie, il doit l'en informer, si la personne n'est plus consciente, il doit en informer la personne de confiance, la famille, ou, à défaut, un de ses proches (article L1110-5).

MAIS: si une personne ne peut s'exprimer, SEUL LE MEDECIN DECIDE: lui seul peut initier la procédure collégiale qui permet d'interrompre les traitements.

N'OUBLIONS PAS L'INJONCTION: SAUVEGARDER LA DIGNITÉ DU MALADE, donc SOINS PALLIATIFS: morphiniques plus hypnovel pour lutter contre la souffrance, c'est ce qu'on appelle la sédation, la nécessité de doses suffisantes anti-souffrances provoque la mort par effet secondaire: une mort lente, sans intention de la donner.

Il y a 3 niveaux de sédation: le premier donne une légère somnolence, il est possible de le réveiller, au deuxième le patient est très somnolent, le réveil est difficile, le troisième plonge le patient dans un coma artificiel précédent la mort.

L'hypocrisie est là: la mort est donnée de toutes façons, mais on refuse la mort rapide et douce, même lorsqu'elle est réclamée par le patient.

Mais la culture palliative n'existe pas en France, on commence tout juste à la développer.

Le Docteur Leonetti a voulu un consensus, or ce n'est que dans les régimes totalitaires que le consensus est demandé. On a refusé au Sénat sa proposition de revoir la loi au bout de 3 ans, or on s'aperçoit maintenant que c'est indispensable.


Le Dr Claudine Lassen donne sa phrase favorite:

passionnée d'opéra, je suis comme Carmen, « LIBRE ELLE EST NÉE, LIBRE, ELLE MOURRA ».



LES QUESTIONS SONT:


PEUT-ON RECEVOIR DES SOINS PALLIATIFS À LA MAISON?

Oui, il existe dans certains hôpitaux des services d'hospitalisation à domicile.

Sinon, ce sont des officines privées, cabinet d'infirmiers et médecin traitant, souvent en relation avec des associations d'accompagnement qui s'en occupent.

Très souvent, ces associations ont un côté « spirituel » pour ne pas dire religieux.

Les infirmiers sont souvent réticents à faire participer la famille, le médecin donne des prescriptions anti-douleur insuffisantes. Les psychologues ont des a-priori, ils nient le plus souvent le désir de mourir de certains patients, et font signer à leurs adhérents soignants un engagement à ne jamais provoquer la mort, sauf par sédation comme la loi les y autorise, soit mort lente.

QUELS CRITÈRES DE QUALITÉ?

Approche globale de la personne malade, grande écoute: s'asseoir à côté du malade prendre le temps d'attendre sa parole en silence, malléabilité du système: le protocole doit permettre au malade d'augmenter lui-même les doses de médicaments selon ses souffrances, sinon manque de rapidité d'intervention.

PROBLEME DE LA MORT EN HOPITAL:

En France 80% des décès ont lieu à l'hôpital, en Hollande 30%, en Belgique 50% seulement, alors que beaucoup souhaitent mourir chez eux.

A l'hôpital, moins de 12% des familles sont à côté des mourants, moins de 50% sont prévenus d'une mort prévue sous 48h...

personne inconsciente: seul le médecin peut demander une action collégiale

problème des personnes isolées

dilution du système

Une enquête faite par le Dr Ferrand en 2004 sur tous les services concernant la maîtrise de la fin de vie dans les hôpitaux révèle: les médecins sont absents, ils ne savent rien, pour les infirmiers seulement 40% des malades reçoivent des soins de confort. Manque flagrant d'écoute du patient.

Il est certain que la demande d'aide à mourir ne concerne que environ 0,5% des décès en Belgique, cela ferait en France 2500 personnes par an quand même.

Quelle que soit la loi, dans les divers pays occidentaux, la demande d'aide à mourir concerne 8% des malades. 2% demanderaient tout de suite la mort si une loi le permettait.

Mais doit-on négliger ces personnes?

Mme Boussuges, ancienne infirmière, dit qu'en 1949, on apprenait aux soignants, pour des fins de vie:

1- écouter la personne, tenir compte de ses désirs

2- préparer la famille à l'acceptation de la mort

3- satisfaire la personne

MAISONS DE RETRAITE SPÉCIALISÉES

pas de représentants des usagers dans les maisons de retraite, contrairement aux commissions de qualité des hôpitaux ou cliniques

s'assurer de l'existence de soins palliatifs

dans le cas de maladie d'Alzeihmer, importance du diagnostic précoce:

3 stades de la maladie: 1. récuser la maladie 2. troubles intellectuels mais l'entourage se rend compte, c'est à ce stade qu'on peut encore écrire et exprimer une demande d'aide à mourir, 3. plus de communication possible, donc plus rien n'est possible.

En long séjour, on constate un déni du personnel vis à vis de la mort, une parodie de la vie, un ghetto, pas d'information de la part des médecins, toute puissance des médecins.

COMMENT SE DEFENDRE D'UNE OBSTINATION DERAISONNABLE?

Déposer une demande au tribunal de grande instance: ce qui a été fait pour Chantal Sébire par Gilles Antonowicz:

dans ce cas, sous la pression du ministre de la Justice, Mme Dati, et sous la pression de la Chancellerie, le juge n'a pas osé agréer la demande. Mais il avait théoriquement toute liberté pour le faire. Un jour, on trouvera un juge qui en aura le courage.

UNE LOI D'EXCEPTIONS

elle serait très dommageable pour la liberté: la commission recevrait environ 2500 demandes qu'elle ne pourrait traiter qu'avec un délai beaucoup trop long (plus de 6 mois: le temps de mourir avant le traitement de la demande)

elle romprait le lien privilégié du médecin traitant et de son patient, en faisant systématiquement intervenir la justice.

POURQUOI L'OBLIGATION DE PASSER PAR UN MEDECIN?

Seul le médecin peut prescrire des médicaments, considérés comme des drogues, donc très surveillés, dans tous les pays du monde.

On ne peut donc pas s'en passer, sauf à se jeter par la fenêtre ou se pendre...si on le peut...

MOURIR DE FAIM ET DE SOIF, DOULOUREUX OU NON?

Tous les rapports (Dr Aubry par exemple) sont contradictoires, selon les personnes, tous les cas sont possibles. On ne sait rien.

May 20

conférences comédie du livre montpellier

 

Gilles Antonowicz dédicacera son livre

« moi, Hervé Pierra, ayant mis 6 jours à mourir»

le samedi 31 mai et le dimanche 1° juin,

librairie Sauramps


CONFERENCES

Dimanche 1 Juin 2008 à 14h

Le XXIème siècle est mal parti,

peut-on construire un meilleur futur ?

avec François de Closets et Jean-François Kahn.

Dimanche 1 Juin 2008 à 15h

Naître, vivre et mourir dans la dignité

Avec Axel Kahn et Gilles Antonowicz,

Vice-Président de ADMD

(Association pour Droit de Mourir dans la Dignité)

et avocat de Chantal Sébire.

conference claudine lassen 21 mai

CONFERENCE-DEBAT tout public, entrée gratuite

MERCREDI 21 MAI

 REFUS ET ARRÊT DES SOINS : QUELLES CONSÉQUENCES POUR LE PATIENT?

par le Dr Claudine LASSEN

responsable de la commission médicale, 1ère vice-présidente admd Paris

c.lassen@admd.net

10h/12h,MONTPELLIER

GRANDE SALLE, MAISON DE LA PRÉVENTION DE LA SANTÉ

6 rue Maguelone (entre Comédie et gare),

15h/18h SETE

SALLE DE CONFERENCE, CENTRE HOSPITALIER DU BASSIN DE THAU

 

May 05

autour des agonies inutiles

 une lettre reçue de mon ami Nozick, que je trouve très intéressante

Je te présente mes condoléances pour la perte de ton papa. Vu son grand âge, tout est dans l'ordre des choses...Je suis allé sur ton site, j'ai vu les photos. J'ai vécu la même chose avec mon père, ma mère et mon frère ainé. La mort n'est jamais une partie de plaisir, ça se passe toujours mal, sauf dans les films où ça dure 2 minutes.

J'ai beaucoup réfléchi à ce qu'on peut et doit faire.

Le problème c'est que la plupart des gens attendent tout des autres, et des soignants en particulier. Par exemple, quand les mourants sont inconscients, qui a le courage de leur mettre un sac en plastique sur la tête? D'un point de vue éthique, c'est strictement que de demander à un tiers une piqûre de penthotal. Moi , j'ignorais le procédé sinon je l'aurai utilisé.

Pourquoi les gens envoient-ils exagérément les moribonds à l'hôpital, alors qu'ils pourraient hâter leur fin à domicile?

Rien ne sert de déplacer le problème pour le faire résoudre par d'autres.

Je reste très solidaire de l'ADMD quant à la cause : permettre la bonne mort et d'abréger les agonies. Il faut faire connaître la loi Leonetti.

May 01

décès de mon père: agonie de 8 jours...

 À 98 ans et demi,

3 ans et demi de démence sénile suite à des AVC:

2 ans de démence sénile non diagnostiquée (le médecin disait « c'est l'âge » lorsqu'il se plaignait de perdre la mémoire et alors qu'il « délirait » souvent, sans s'en rendre compte)

puis trois mois d'hôpital pour le prolonger dans un état encore pire 18 mois

enfin 8 jours d'agonie à l'hôpital

est-ce utile?

La science est-elle faite pour cela? Prolonger les souffrances et les agonies?

Faire souffrir sa femme si longtemps, est-ce utile?

Le coût de ces 8 jours d'hôpital n'aurait-il pas été mieux utilisé pour des recherches médicales ou pour sauver des jeunes guérissables?

Mon père était contre ces soins qu'il jugeait inutiles, il ne souhaitait que mourir dès lors qu'il perdait son autonomie et sa conscience sans retour possible, malheureusement, il ne l'a pas écrit.

Mon père est décédé jeudi dernier après 8 jours d'agonie, peut-être mon intervention et celle du Dr Claudine Lassen de Paris a accéléré le processus: à mon arrivée mardi matin, entrevue avec le chef de service (plus d'une heure de discussion, très bien), et dépôt d'une lettre donnant nos intentions (aucun soin autre que contre la souffrance, y compris avec pour effet secondaire la mort, selon la loi actuelle), suite à cela elle a doublé la dose de morphine et d'atarax (donné comme sédatif?) et arrêté les antibiotiques...ce qui a fait cesser la souffrance respiratoire visible et atroce pour ma mère, qui durait depuis 6 jours. Il est mort jeudi matin, il s'était paralysé le mercredi précédent à midi.

J'ai appris qu'une telle agonie pouvait durer plus de trois semaines...horrible...

Enfin, on a pu l'enterrer samedi après midi, avec toute la famille (nous habitons tous très loin), la page est tournée.

Ma mère va trouver le vide, restant seule dans sa maison, selon son souhait, mais enfin soulagée de tous ses soucis à s'occuper de ce vieux monsieur malade qu'il fallait suivre à la trace, jour et nuit, dans lequel elle ne reconnaissait plus l'homme qu'elle avait aimé.

Mon père a tellement répété qu'il avait eu une vie magnifique, qu'il avait eu une femme formidable, qu'il mourrai heureux, que sa mort, inéluctable, au bout de ces souffrances, est bienvenue, un soulagement.

En état de démence sénile, les médecins le trouvaient « bien » parce que physiquement capable de marcher, de manger seul et de faire sa toilette, mais avec des discours totalement incohérents, des délires, incapable de reconnaître le jour et la nuit, les saisons, se réveillant plusieurs fois dans la nuit, faisant sa toilette et se rasant à chaque réveil, ne sachant plus où il habitait, il n'avait plus qu'un repère: sa femme, qu'il suivait comme une ombre.

Mon père, qui avait connu sa mère dans cet état plus de trois ans aussi, obligé à l'époque de la mettre à l'hospice (elle est décédée à Paris en 1953) avait assez répété qu'il préférait mourir que de subir cette déchéance et de faire subir cela à sa femme, mais il n'a jamais rien écrit. Il avait d'ailleurs préparé un pistolet pour se suicider: Lors de son départ à l'hôpital il y a 18 mois, il voulait que le médecin l'aide à mourir et non pas à vivre, il se laissait mourir depuis 1 an, mangeant très peu, ressentant sa faiblesse d'esprit et la souffrance qu'il infligeait à sa femme. Pour ma mère, il n'a pas osé se servir du pistolet, ils ne se quittaient pas, et ensuite, il avait perdu toute conscience de son état.

Il laisse ses manuscrits et ses poésies illustrées (calligraphe et aquarelliste) ses mémoires, ses films et ses photos.

Il nous a transmis sa philosophie appuyée sur les grecs et les romains (il avait appris le latin pour les lire dans le texte) les stoïciens qu'il affectionnait, Montaigne, la Bruyère, et les philosophes des lumières: Voltaire et Diderot, l'amour de la science et la curiosité de tout, la remise en question et l'expérimentation.

Pour lui, l'école s'était arrêté à 13 ans, faute d'argent, mais il nous a appris que l'essentiel est la curiosité d'apprendre, que les livres sont un outil formidable, que le simple fait de savoir lire et écrire, compter suffit pour acquérir les connaissances que l'on souhaite obtenir.

En cours du soir, il avait appris l'anglais, des techniques diverses (électricien, téléphoniste) à l'école des Arts et Métiers. Il a appris à conduire une voiture à 40 ans, appris le latin avec mon frère à 44 ans, appris l'allemand à 46 ans (en suivant l'apprentissage de mon frère), il savait faire des plans d'architecte et a construit 3 maisons, faisant chaque fois les maquettes, y compris des meubles, pour que ma mère puisse prévoir l'agencement de la maison. Il a changé de métier plusieurs fois jusqu'à terminer sa carrière en directeur du service de recherche de SEV.

Il surveillait de près nos études, et était fier de notre réussite. Il nous a emmené dans tous les musées de Paris. Passionné d'opéra et de musique classique, il a voulu que nous étudions la musique, il nous a fait apprécié le théâtre et le cinéma. Il nous a appris à dessiner, à peindre, à faire et lire des plans, ainsi qu'à ses petits-enfants et arrière-petits-enfants.

Il s'occupait aussi de notre forme physique et nous a appris à nager, à faire du vélo, du kayak. Lui-même n'a cessé ses activités physiques qu'à l'approche de la sénilité, c'était un sportif, mais qui n'était pas favorable à trop de compétition sportive.

Très doué de ses mains, il nous a appris le travail manuel, il savait tout faire.

Agnostique, plutôt panthéiste, il avait rejeté l'Eglise catholique et n'a pas voulu que l'on subisse une éducation religieuse. Par contre, il s'intéressait et nous parlait de toutes les religions et philosophies du monde, passionné par les récits des explorateurs de toutes sortes et les cultures différentes.

Sa morale: être indépendant, se suffire à soi-même, cultiver sa bonne santé (faire de la prévention par une bonne hygiène de vie et des soins préventifs, se soigner pour guérir en cas de nécessité), faire du bien aux autres, aider, soulager les souffrances, défendre les opprimés, militer pour la liberté.

Ma mère a presque 94 ans, 73 ans de vie commune, 36 ans de vie fusionnelle à la retraite dans la Creuse de ma mère.

Ils auraient souhaité mourir ensemble, s'endormir la main dans la main, mais ils n'ont jamais pensé à écrire leurs volontés, et ils ne savaient pas comment faire pour mourir en s'endormant. Où trouver les médicaments, les bons médicaments?

Ma mère étant par avance soumise à la toute puissance des médecins, et craignant leurs représailles... mon père espérant naïvement mourir d'une crise c